En un premier lieu, les jeunes créateurs d’entreprises sont déprogrammés. Il s’agit de leur montrer comment les pratiques socio-culturelles ancrées dans nos mœurs depuis des décennies favorisent le sous-développement personnel et donc de chaque pays du continent. Quelques exemples de ces pratiques sont : la mauvaise gestion du temps, l’individualisme, le régionalisme, la corruption, la jalousie, la logique de ‘’auto-auto’’, la méchanceté, etc.
En guise d’exemple, le régionalisme contribue à la mise en place d'une structure politique éclatée, avec plusieurs partis politiques.
La corruption est devenue la gangrène la plus puante et institutionnalisée, ancrée dans les mœurs et les consciences. ‘’Dans l’Administration, lorsque vous déposez un dossier sans graisser les pattes, vous êtes confrontés au « revenez demain ». Lorsque vous vous présentez le lendemain, « Revenez le surlendemain » ; vous vous présentez le surlendemain, « Revenez dans une semaine, ce n’est pas prêt ». Vous vous présentez au bout d’une semaine, « Revenez dans un mois, ce n’est toujours pas prêt. Vous revenez au bout d’un mois, votre dossier est perdu ; il faut tout recommencer.’’
Dans notre société, l’individualisme marque fortement le rapport à l’autre. On semble avoir évincé le besoin naturel d’échange et de partage. La transaction a pris le pas sur la relation et le partage. La solidarité familiale intergénérationnelle et aux solidarités de voisinage, fondements de la vie sociale, s’est progressivement substitué à l’individualisme. ‘’L’individualisme est un sentiment réfléchi qui prédispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se mettre à l’écart avec sa famille et ses amis ; de telle sorte que, après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même et fait tout contre ladite société.
Chacun et l’’administration sont imbattables en matière de gaspillage du temps.
‘’A toutes les occasions, à toutes les manifestations, quelles qu’elles soient, une activité prévue pour démarrer à 8 heures ne l’est réellement, et le sera, au plus tôt, qu’à 10 heures. Beaucoup de séminaires et de projets qui devaient être réalisés dans un temps bien défini ont dû être reportés du fait de la mauvaise gestion du temps et de la procrastination’’.
Cette étape consistera à inculquer aux jeunes les valeurs cardinales telles que le courage, le sacrifice, la responsabilité, la discipline, l’intégrité, l’amour du travail bien fait, le respect et les valeurs entrepreneuriales qui sont : la confiance en soi, la motivation, le sens des responsabilités, la persévérance, l’esprit d'équipe, la ténacité, l’autonomie, la solidarité, l’ambition, la créativité et le leadership (Figure 2).
Il s’agit de montrer à chaque jeune/participant son potentiel créatif lorsqu’il laisse libre cours à ses idées. Pour un entrepreneur, l’autonomie est essentielle. Elle lui permettra de créer son propre emploi et d’être indépendant, tant sur le plan professionnel que sur le plan financier. Prendre ses propres décisions, et trouver ses propres solutions. Le sens des responsabilités permettra au jeune d’être partenaire des gens qui l’entourent et ainsi d’obtenir la confiance des autres. Sa parole et son intégrité seront alors en jeu. La solidarité, c’est l’entraide, l’esprit d’équipe et le sentiment d’appartenance qui nous lient à ceux qui nous entourent : famille, amis, collègues ou concitoyens. Un entrepreneur doit être solidaire de ses investisseurs, de son comptable, de son personnel, des fournisseurs et des autres entreprises. L’entrepreneur doit tenir compte des autres. Par ailleurs, celui ou celle qui veut changer le monde doit d’abord s’en croire capable, et croire que c’est possible. Il doit avoir le leadership et être ambitieux. Qu’il s’agisse d’un changement modeste ou d’une révolution, l’ambition est souvent au cœur même de l’entreprenariat.
En acquérant toutes ces valeurs, les jeunes et femmes potentiels deviendront de véritables entrepreneurs de type nouveau et capables de faire face aux défis actuels et à venir.
En tant qu’outil d’analyse de l’information pour la prise de décisions, l’intelligence entreprenariale est indispensable à la stratégie et à la tactique des affaires. L’intelligence entreprenariale se développe. Elle permet de travailler ses compétences pour dépasser ses talents (qui sont innés et non acquis par la connaissance). Les valeurs qui président au développement des capacités entreprenariales des jeunes sont résumées dans la figure 4.
Les jeunes potentiels créateurs d’entreprises retenus seront déployés dans des entreprises spécialisées pour leur immersion entreprenariale pendant une durée moyenne de deux (02) à six (06) mois.
Les jeunes sont invités à aller donner le meilleur d’eux-mêmes dans les entreprises ou structures d’accueil ou encore auprès de leur mentor. En agissant ainsi, ils gagnent en crédibilité, en expérience pratique, en développant des compétences essentielles comme le leadership et la communication. Ils élargissent leur réseau en rencontrant des professionnels et d'autres volontaires, ce qui peut ouvrir des opportunités professionnelles. De plus, ils renforcent leur sens des responsabilités, leur confiance en lui et leur engagement citoyen, des atouts précieux pour leur carrière et leur développement personnel, qui les préparent à bénéficier des considérations et appuis illimités dans leur lieu de stage.
L’objectif visé est de les amener à acquérir des connaissances pratiques en entreprenariat suivant la philosophie "servir pour apprendre". Ainsi, une fois dans les entreprises d’accueil, les jeunes mettront en pratique les valeurs cardinales et les valeurs entrepreneuriales qu’ils ont acquises durant la formation afin de gagner la confiance de leurs supérieurs hiérarchiques qui leur transféreront avec plaisir toutes les connaissances pratiques dont ils auront besoin pour réussir dans leur projet.
Avant leur déploiement, ils vont passer à la signature de leur lettre d’engagement et des contrats à signer par les jeunes formés et ITISA. Les jeunes potentiels créateurs d’entreprises seront alors placés dans les Structures d’Accueil sélectionnées après analyse des cahiers de charges qu’elles vont proposer à ces jeunes et sur la base de leur capacité à faire travailler intensément ces jeunes et à les encadrer pour compléter leur formation et leur éducation entreprenariale.
Une fois dans les Structures d’Accueil, la Fondation ITISA procède à des missions de suivi-évaluation pour encourager les jeunes potentiels créateurs d’entreprises à donner le meilleur d’eux-mêmes pour le succès de leur mission (planche 8).
Le suivi et l’évaluation de la mission de ces jeunes dans leurs Structures d’Accueil se fait à travers la réception et l’évaluation de leur Rapport Mensuel d’Activités (RMA), l’envoi des lettres d’encouragement et d’information par la Fondation ITISA à chaque jeune en mission de volontariat pour l’entreprenariat, les visites dans les Structures d’Accueil et le coaching transformationnel à travers les appels et messages en utilisant les réseaux sociaux. Sur la base des constats faits lors des visites et dans les rapports, les jeunes créateurs d’entreprises vont être renforcés sur les valeurs, les méthodes et techniques de communication, le développement personnel, le leadership, les capacités pour le démarrage de leur entreprise, etc. au cours des regroupements mensuels ou bimestriels.
Afin de procéder à l’évaluation des jeunes créateurs d’entreprises, des grilles d’annotation et des fiches d’appréciation seront envoyées aux Responsables de Structures d’Accueil. Mieux, ces responsables sont invités à une rencontre bilan dans les locaux de la Fondation ITISA.
Les rencontres-formation sont l’occasion pour les jeunes créateurs d’entreprises de partager les expériences acquises sur le terrain et d’écouter les succès stories et les conseils des personnes ressources et de leurs camarades